Excellente matinée pour le IXeme Gala Taurin organisé par le CTPR El Mundillo de Béziers aux arènes où Richard Milian nous a régalés d’une très belle tienta de 4 vaches de Robert Margé de grande classe chacune.

Torero, professeur, ami de Béziers, être humain chaleureux, Richard est un personnage qui, comme les grands crus, se bonifie avec le temps, et c’est un plaisir immense quand il revient dans le ruedo biterrois et qu’il reprend les trastos. Les élèves ont tous touché la muleta et on a remarqué Anaïs très en forme, ce qui est de bonne augure pour le mois d’Aout.

APRES-MIDI 

Fête des mères, temps incertain, le pari de Christian Coll était risqué et il ne l’a pas entièrement gagné. C’est dommage que le public de Béziers ne se déplace plus pour ce genre de spectacle. A peine 350 personnes ont répondu présent en hommage aux arènes de Barcelone. Sérafin Marin qui a connu la Monumental archi-pleine lorsqu’il y a accompagné José Tomas en septembre 2008 a dû douter de la fameuse aficion française que l’on admire « tras los pireneos » !

C’est d’autant plus dommage que la course, même si elle n’a pas donné une pluie d’oreilles (une seule pour Serafin au premier), a été très intéressante. On a vu de très belles faenas avec des toros qui, malgré leur léger trapio, ont été présents en piste. Et si la course s’est « laissé toréer », elle ne l’a pas fait sans poser des problèmes aux toreros.

Le premier pour Serafin Marin, mal et très peu piqué, sera très noble et le torero catalan nous le montre et coupe une oreille.

Mehdi Savalli « a gusto » excellent aux palos et avec une envie de novillero dans la faena de muleta passe à côté d’un triomphe malgré deux bonnes épées trop longues à conclure.

Jérémy Banti écope d’un Gallon commode d’armures mais compliqué et retors. Le torero arrive tout de même à le lidier et le toro ira à mas à la muleta. Là aussi l’épée ne parachève pas le travail.

On a retrouvé un Cayetano Ortiz avec de grands moments à la muleta, des cites extraordinaires à mi-distance. Le torero a du sitio et le toro permet, mais hélas la conclusion s’éternise…

On passe alors aux deux novilleros sur deux bons novillos de Blohorn.

Carlos Olsina fait preuve d’une grande maîtrise. On voit au cours de sa faena et même de toute la lidia que le garçon travaille dur au campo. Jamais désarmé, il domine son toro mais hélas un vilain bajonazo va, lui aussi, le priver de récompense.

Arrive alors le jeune Manuel de los Reyes qui termine la corrida. Son toro n’est pas piqué et cela se voit, le bicho aurait mérité au moins une pique de tienta mais de los Reyes est encore en non-piquée, alors il va s’arrimer comme un démon sur ce Blohorn rempli de gaz comme un camion citerne, et la faena, si elle n’est pas académique, a le mérite de nous montrer un face-à-face où aucun des deux belligérants ne cède un pouce de terrain. Gros travail de Manuel qui va payer ce combat par un léger accident où il se blesse à la main droite et c’est sortie directe vers l’infirmerie… Sérafin Marin tuera le novillo d’une épée entière.

Peu de récompenses mais une tarde entretenue, de belles choses pour les mirettes, accompagnée par une guitare flamenca aux accents andalous. Hélas nous n’étions pas en basse Bétique mais à Béziers un jour de Fête des Mères et sous un ciel maussade… Vous avez dit maussade ?…

Reseña : Tierry Girard. Photos : Muriel Haaz.
(
avec l’aimable autorisation de Hugues Bousquet – http://lotaureroge.canalblog.com)